Daniel Boisvert, Docteur en Chiropratique

Rapport Manga – Sommaire

Sommaire *

(Taduction d’un extrait du OCA NEWS Vol. 30, N.6 par l’Association des chirpraticiens du Québec – Octobre 1993)

Introduction

La grave crise financière à laquelle font face tous les gouvernements au Canada les force à contenir et à réduire les coûts des soins de santé. Fait sans précédent, elle oblige les dirigeants à mettre l’accent sur l’allocation des ressources en fonction des données scientifiques, et à viser l’objectif primordial d’améliorer le rapport coût-efficacité des services de santé. Le domaine des lombalgies offre aux gouvernements et au secteur privé une occasion unique d’atteindre le double objectif d’un meilleur rapport coût-efficacité et d’une réduction considérable des coûts des soins de santé. Aujourd’hui, les lombalgies sont devenues l’une des causes de maladie et d’incapacité de travail les plus coûteuses au Canada – phénomène que les milieux médicaux et gouvernementaux du Canada ne semblent généralement ni bien évaluer ni comprendre. Selon des études sur la prévalence et l’incidence des lombalgies, celles-ci sont omniprésentes, elles constituent probablement la principale cause de l’incapacité de travail et de la morbidité chez les personnes d’âge moyen, et sont de loin la cause la plus coûteuse des indemnisations des accidentés du travail en Ontario – comme d’ailleurs dans la plupart des autres provinces.

Un bon nombre des traitements des lombalgies semblent inefficaces. Des données du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays montrent qu’il existe des méthodes de traitement opposées, que pour bon nombre d’entre elles, les données scientifiques sur leur efficacité sont rares, si tant est qu’il en existe, et que les coûts des traitements sont très élevés. Malgré cela, les niveaux d’incapacité de travail attribuables aux lombalgies ne cessent d’augmenter.

En Ontario, ce sont surtout les médecins et les chiropraticiens qui traitent les lombalgies, mais les physiothérapeutes jouent aussi un rôle important dans ce secteur. Les services médicaux y sont entièrement payés par le Régime d’assurance-maladie, alors que les services de chiropratique ne sont que partiellement couverts. Les personnes souffrant de lombalgie payent elles-mêmes la plus grande partie des frais pour les services chiropratiques. Par contre, les frais acquittés par les patients pour les traitements médicaux sont pratiquement nuls, sauf pour les médicaments, et les frais payés par les patients pour les services de physiothérapie se situent entre ces deux extrêmes.

Les médecins, chiropraticiens, physiothérapeutes et divers autres professionnels de la santé utilisent près d’une quarantaine de méthodes thérapeutiques pour le traitement des lombalgies. La présente étude porte surtout sur l’efficacité et sur le rapport coût-efficacité des traitements chiropratique et médical des lombalgies.

Constatations

(surlignement en bleu par Sylvain Boisvert DC)

C1. D’après les données, en particulier celles des études cliniques les plus valides sur le plan scientifique, l’ajustement vertébral auquel ont recours les a chiropraticiens est plus efficace que les autres traitements des lombalgies. Nombre de thérapies médicales sont d’une validité douteuse ou sont de toute évidence inadéquates.

C2. Il n’existe ni études cliniques ni études cas-témoins montrant ou même permettant de supposer que l’ajustement vertébral auquel ont recours les chiropraticiens n’est pas sécuritaire pour le traitement des lombalgies. Certains traitements médicaux sont tout aussi sécuritaires, mais d’autres ne le sont pas et entraînent des complications iatrogéniques chez les personnes souffrant de lombalgie. Selon les études que nous avons lues à ce sujet, l’ajustement chiropratique est plus sécuritaire que le traitement médical des lombalgies.

C3. Il est certes nécessaire d’accumuler encore plus de données cliniques sur l’efficacité réelle et potentielle du traitement chiropratique des lombalgies, mais la littérature nous apprend que le besoin de produire des preuves cliniques de la validité du traitement médical des lombalgies est plus qu’urgent. En effet, selon des essais cliniques, plusieurs techniques médicales pratiquées actuellement sont en général contre-indiquées. En outre, des données relevées dans les ouvrages consultés donnent à penser que les ajustements vertébraux sont moins sécuritaires et moins efficaces lorsqu’ils sont pratiqués par des professionnels de la santé qui ne sont pas chiropraticiens.

C4. Il existe une grande quantité de données indiquant que le traitement chiropratique des lombalgies présente un meilleur rapport coût-efficacité que le traitement médical. De nombreuses études corroborant cette conclusion, des plus éloquentes aux plus convaincantes, ont été soumises à notre examen, et il nous faut souligner que le manque de données ou d’argunents suffisants à l’encontre de ces études entre largement en ligne de compte dans la formulation de nos conclusions et recommandations. Les résultats favorables proviennent d’études démontrant que les coûts des services chiropratiques sont inférieurs pour un même diagnostic et pour les mêmes besoins de soins occasionnels.

C5. On réaliserait des économies considérables si l’on transférait un plus grand nombre de traitements des lombalgies des cliniques médicales vers les cliniques chiropratiques. D’après des données du Canada et d’autres pays, les économies possibles se chiffreraient à des centaines de millions de dollars par an. La littérature consultée démontre de façon unanime et sans équivoque que les économies énormes réalisées grâce au traitement chiropratique sont attribuables au plus petit nombre et au moindre coût des services auxiliaires, au nombre très inférieur des hospitalisations et à la réduction extrêmement significative des problèmes chroniques et, tant en gravité qu’en durée, de l’incapacité de travail. Selon les études sur l’indemnisation des accidentés du travail, les travailleurs blessés chez qui on a diagnostiqué le même genre de lombalgie sont retournés au travail beaucoup plus tôt lorsqu’ils avaient été traités par des chiropraticiens plutôt que par des médecins. Il en résulte une réduction très sensible des coûts directs et indirects.

Il existe des données empiriques fiables selon lesquelles les patients sont très satisfaits du traitement chiropratique des lombalgies et beaucoup moins satisfaits des traitements médicaux. La satisfaction des patients est un indicateur important du recouvrement de la santé et ajoute davantage de poids aux données cliniques et aux résultats de la recherche sur l’économie de la santé favorisant le traitement chiropratique des lombalgies.

C7. Malgré la désapprobation officielle des médecins et l’effet dissuasif que peuvent exercer les coûts personnels des soins chiropratiques, le recours à la chiropratique a augmenté de façon constante au fil des ans. Le public, de même qu’un nombre croissant de médecins, acceptent maintenant la chiropratique comme une profession de la santé légitime.

C8. À notre avis, l’ensemble des données sur :

a) l’efficacité et le rapport coût-efficacité du traitement chiropratique des lombalgies;

b) le fait que nombre de thérapies médicales actuelles n’ont pas été éprouvées, ainsi que leur nature douteuse ou dangereuse;

c) les économies potentielles que représente le traitement chiropratique des lombalgies en comparaison du traitement médical;

d) la nature sécuritaire des soins chiropratiques;

e) et les niveaux de satisfaction plus élevés des patients des chiropraticiens apportent un argument probant en faveur du recours beaucoup plus généralisé aux services des chiropraticiens pour le traitement des lombalgies.

C9. Le gouvernement devra entreprendre et surveiller la réforme que nous préconisons dans nos conclusions générales, et prendre les mesures nécessaires pour que les économies anticipées se réalisent. Le recours accru aux chiropraticiens dans le système de prestation de services de santé ne se produira pas de lui-même, ni par suite d’un compromis entre les professions, ni grâce à des mesures prises par la Commission des accidents du travail ou par le secteur privé en général.

Recommandations

Voici nos principales recommandations en vue d’une réforme :

R1. La politique actuelle dissuade de recourir aux services de chiropraticiens pour le traitement des lombalgies. Il faudrait modifier la politique afin d’encourager et de privilégier le recours aux services de chiropraticiens pour la plupart des personnes souffrant de lombalgie.

R2. Il faudrait assurer entièrement les services des chiropraticiens dans le cadre du Régime d’assurance-maladie de l’Ontario, et supprimer les facteurs économiques qui dissuadent les patients d’avoir recours à ces services, et les autres professionnels de la santé de les recommander. Cette mesure permettrait de faire appel aux traitements chiropratiques plutôt qu’aux traitements médicaux, ce qui devrait entraîner des économies considérables au titre des soins de santé et des économies encore plus importantes si l’on envisage les coûts économiques des lombalgies dans une perspective globale.

R3. Les services des chiropraticiens devraient être entièrement intégrés au système de santé. En raison de la forte incidence et des coûts élevés des lombalgies, les hôpitaux, les organismes de soins de santé administrés (centres de soins communautaires, organisations de médecine globale et organismes de services de santé) et les centres de soins de longue durée devraient employer des chiropraticiens, tant à temps plein qu’à temps partiel. En outre, il faudrait encourager ces organismes à mettre les patients en rapport avec des chiropraticiens.

R4. Des chiropraticiens devraient être employés par les hôpitaux de soins de courte durée en Ontario. Les hôpitaux emploient déjà avec succès la chiropratique aux États-Unis. Des recommandations semblables ont été formulées récemment par des commissions d’enquête gouvernementales en Australie et en Suède, et par suite de recherches financées par l’État au Royaume-Uni et dans d’autres pays. La chirurgie inutile ou les échecs chirurgicaux sont non seulement coûteux, mais constituent aussi des soins de piètre qualité. Les possibilités de consultations, de contre-expertise et de choix de traitement plus nombreux sont des avantages importants qui résulteront, selon nos prévisions, de cette initiative qui a été utilisée avec succès dans un cadre de recherche clinique à l’hôpital universitaire de Saskatoon.

R5. La possibilité de pratiquer dans les hôpitaux devrait être offerte à tous les chiropraticiens pour leur permettre de traiter leurs propres patients qui ont été hospitalisés pour d’autres raisons, et d’avoir accès à des installations de diagnostic répondant à leurs besoins et à ceux de leurs patients.

R6. Les chiropraticiens devraient avoir accès à tous les dossiers et tests pertinents des hôpitaux, des médecins et des autres professionnels de la santé relatifs aux patients, si ceux-ci sont d’accord. L’accès devrait être accordé à la demande des chiropraticiens ou de leurs patients.

R7. Comme les lombalgies occupent une place très importante dans l’indemnisation des accidentés du travail, des chiropraticiens devraient être engagés à un niveau supérieur par la Commission des accidents du travail pour évaluer la politique, les procédures et le traitement des travailleurs souffrant de lésions lombaires. Ils devraient agir sur une base interdisciplinaire avec des membres du personnel professionnel, technique et de gestion pour que des relations plus constructives soient établies dès le départ entre les chiropraticiens, les médecins, les physiothérapeutes, le personnel de la Commission et ses consultants. On peut invoquer de solides arguments en faveur de l’idée de faire des chiropraticiens les contrôleurs du traitement des lombalgies dans le système d’indemnisation des accidentés du travail en Ontario.

R8. Le gouvernement devrait consacrer les fonds et les ressources nécessaires pour pousser plus loin la recherche sur l’évaluation clinique du traitement chiropratique des lombalgies d’une part, et sur les facteurs socio-économiques et sur les politiques touchant le traitement des lombalgies en général d’autre part. Ces recherches devraient compter des enquêtes visant à faire mieux comprendre les choix, les attitudes et les connaissances des patients au sujet des lombalgies. Ces enquêtes auraient pour objectif d’obtenir de meilleurs renseignements aux fins de l’établissement d’une politique de santé, de la planification des programmes et de l’éducation des consommateurs.

R9. L’éducation chiropratique en Ontario devrait évoluer dans l’atmosphère multidisciplinaire d’une université légitimement financée par les fonds publics. L’éducation chiropratique n’est pas financée par les fonds publics en Ontario. La chiropratique y est la seule profession de la santé réglementée dans cette situation à l’heure actuelle, et cela joue contre le meilleur intérêt du système de santé que les chiropraticiens connaissent ce genre d’isolement par rapport aux autres étudiants » en sciences de la santé.

R10. Enfin, le gouvernement devrait prendre tous les moyens raisonnables dont il dispose pour encourager la coopération entre les dispensateurs de services de santé, en particulier les chiropraticiens, les médecins et les physiothérapeutes. Le manque de coopération est l’un des grands facteurs d’inefficacité des régimes de traitement des lombalgies, et il est très important de stimuler la coopération afin que le gouvernement actualise l’immense potentiel d’économie dont nous parlions plus haut. Un telle coopération, faut-il le souligner, est voulue par un nombre croissant d’individus au sein de chacune des professions de la santé.

PRAN MANGA, PH.D.
DOUG ANGUS, M.A.
COSTA PAPADOPOULOS, MHA
WILLIAM SWAN, B.A.

Copyright 1993 by Pran Manga & Associates Inc.


Funded By The Ontario Ministry Of Health

Manga Report

A Study to Examine the Effectiveness and Cost-Effectiveness
of Chiropractic Management of Low-Back Pain

by

1. Pran Manga, Ph.D. 1
2. Douglas E. Angus, M.A.2
3. Costa Papadopoulos, MHA3
4. William R. Swan, B.Comm.4

August 1993

1 Professor and Director, Masters in Health Administration Program, University of Ottawa; and President, Pran Manga and Associates Inc., Ottawa.

2 Adjunct Professor, University of Ottawa and Project Director, The Cost-Effectiveness of the Canadian Healthcare System, Queen’s – University of Ottawa Economic Projects.

3 Healthcare Consultant and Associate of Pran Manga and Associates, Inc.

4 Consultant in Healthcare Economics.

The support of the Ministry of Health, Government of Ontario, which solely funded the project, is gratefully acknowledged. The views and opinions expressed in this report are those of the authors only, and should not be attributed to the MHA Program, University of Ottawa, the Ministry of Health or the Ontario Chiropractic Association .

Nous recommandons fortement la lecture de l’étude complète originale de 104 pages disponible en anglais sur le site de l’Association Chiropratique de l’Ontario.

Lien vers le document complet:
Manga Report 1993 (PDF 7009 KB)

Lien vers le Sommaire original en anglais:
Manga Report 1993 – Executive Summary (PDF 16 KB)

Clinique Chiropratique Sainte-Julie
Daniel Boisvert,  Docteur en Chiropratique
1593 Chemin Fer-à-cheval
Ste-Julie, QC   J3E 1G5
Tél: 450-649-1411

ↄ⃝  Copyleft  BoisvertDC.com

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