Daniel Boisvert, Docteur en Chiropratique

Constipation

Définir la constipation

Lorsque l’on regarde la population mondiale, on remarque des variations importantes de fréquences et de volume d’évacuation des selles.

En effet, dans les pays industrialisés où leurs habitants consomment souvent des aliments raffinés et dépourvus de fibres alimentaires, on retrouve des fréquences d’une évacuation par jour ou par deux jours, la consistance de ces selles étant de ferme à très dure.

Dans une situation inverse, les habitants de pays ou de régions du monde moins industrialisés et qui consomment des aliments non raffinés, contenant une grade quantité de résidu de fibres alimentaires souvent présentes dans les recettes régionales, ne souffrent généralement pas de constipation. Dans leur cas, il y a quasi absence de ce problème mais aussi, ceux-ci ne connaissent à peu près pas les autres problèmes associés à un intestin paresseux soit : le syndrome du colon irritable, la colite, la colite ulcéreuse (maladie de Crohn) ainsi qu’un faible taux de cancer du colon.

Ce groupe constitue  un modèle en soi. La qualité de fonctionnement de leur intestin est caractérisée par des mouvements d’évacuation des selles à une fréquence de 2 à 3 fois par jour, un volume de selles important à chaque fois ainsi qu’une consistance de selles molles qui n’implique pas de forcer pour l’évacuation.

  • Les autres facteurs associés à ce groupe sont  ils sont actifs physiquement donc ils ne sont pas sédentaires, comme la population des villes dites modernes.
  • Ils n’ont pas le luxe de se transporter en automobile, ils marchent beaucoup.
  • Ils habitent dans des zones qui sont souvent accidentées. La marche dans des côtes amène les muscles abdominaux à se contracter et de ce fait, à une action positive sur le fonctionnement de l’intestin.

La filière alimentaire

Il n’est pas rare d’entendre des patients qui disent bien s’alimenter et que leur alimentation contient suffisamment de fibres. Pour appuyer leurs dires, ils mentionnent qu’ils consomment beaucoup de légumes et de salade. Malheureusement, les fibres en provenance des légumes ne sont pas très efficaces pour aider l’intestin au delà de permettre aux bactéries de l’intestin de les digérer partiellement et ainsi de produire la vitamine K, utile pour le facteur de coagulation, soit la production de plaquettes sanguines. Malheureusement, ces fibres ne se gorgent pas d’eau et contribuent  à la dureté des selles. L’intention est louable mais peu efficace.

Les fruits, quant à eux, nous donnent, lors de leur consommation, un apport en pectine. Cette fibre possède une capacité moyenne pour se gorger d’eau au niveau des selles. Les pruneaux sont les plus connus et utilisés pour contrer la constipation. Leur consommation peut contribuer à aider à réduire la constipation mais en soi, ne règle pas le problème de fond de cette condition.

Les grains entiers et particulièrement la partie fibreuse, soit le son, permettent une meilleure absorption d’eau. En soi, le son de grains entiers constitue la meilleure catégorie de fibres. Tout le monde connaît la fibre de son de blé. On en fait des muffins. Il y a aussi le son d’avoine que l’on consomme dans le gruau. La fibre la plus efficace se retrouve dans le cas du son de seigle. En effet, cette fibre possède une capacité près de 4 fois supérieure à se gorger d’eau par rapport au son de blé.

Le son de seigle ou la consommation de pain ou de farine de seigle entière permet d’avoir une ration de fibres à chaque repas et ce, en ne consommant que des petites quantités de ce produit. La consommation de pain de seigle, même en bonnes quantités, ne sera pas un facteur amenant la prise de poids. Au contraire, son utilisation contribuera à maintenir votre poids ou même à en perdre, principalement dû à son classement dans l’index glycémique.

Si votre consommation de bonnes fibres pour l’intestin est adéquate, il faut y ajouter de l’eau. Donc, la consommation d’eau périodique dans la journée est essentielle, afin de permettre aux fibres d’entrer en action et de faciliter la production de selles plus molles.

Les légumineuses, lorsqu’elles sont consommées, apportent aussi un apport de fibres mais elles ont l’inconvénient de produire des gaz intestinaux désagréables. On retrouve dans cette catégorie les pois chiches, les lentilles, les fèves et les arachides. Les arachides ne sont pas des noix mais bien des légumineuses.

La consommation régulière de vitamine C contribue aussi à contrer la constipation en plus de neutraliser les toxines produites par un séjour prolongé des selles dans l’intestin. Pour être efficace, la vitamine C doit être prise en doses séparées durant la journée de trois à quatre capsules de 500 mg. Pour éviter l’irritation de l’estomac et de l’intestin, la forme la plus utile de vitamine C se retrouve dans le produit appelé Ester-C. En effet, cette forme de vitamine C est légèrement alcaline (l’inverse d’acide) et en plus, elle sature le sang plus longtemps que les autres formes de cette vitamine.

Les huiles, quant à elles, n’apportent aucun changement significatif pour une consistance adéquate en eau des selles. Celles-ci sont souvent utilisées pour adoucir les selles ou lubrifier les parois de l’intestin lorsque les selles sont très dures. En soi, leur utilisation pour contrer la constipation ne constitue qu’une béquille. L’huile minérale, quant à elle, comporte le danger d’empêcher l’absorption de vitamines solubles dans l’huile comme les vitamines A et E et ainsi créer des carences, malgré l’apport normal dans l’alimentation ou en supplément.

La filière de l’activité physique

Tout le monde connaît les déboires intestinaux des malades alités. En effet, moins on bouge, moins l’activité des muscles abdominaux est importante et moins l’intestin est actif, d’où l’apparition de la constipation.

Les activités physiques en position debout comme la marche, le jogging, la marche en montagne, le ski alpin, le ski de fond, ect…, permettent à la gravité terrestre d’appuyer l’activité intestinale de manière positive.

À l’inverse, le travail en position assise prolongée, soit au bureau ou en automobile a un effet de contrarier le fonctionnement normal de l’intestin.

En fait, l’activité physique régulière et le travail non sédentaire contribuent à aider l’intestin à bien fonctionner.

La filière des habitudes de vie

Ce qui est particulier en ce qui concerne l’intestin réside dans le fait que cette partie du corps peut apprendre à être régulière dans ses évacuations des selles mais peut tout aussi bien désapprendre.

Il y a une règle très importante à suivre avec l’intestin, soit celle de respecter les signaux de l’imminence d’une évacuation. Lorsque ces signaux arrivent, il faut procéder à se rendre disponible pour aller à la salle de bain.

Les contraintes de l’école, du travail ou d’un déplacement en véhicule peuvent vous empêcher d’accommoder le mouvement intestinal d’évacuation des selles. Lorsque l’on se retient, cette façon de faire peut amener l’intestin à perdre sa régularité. C’est  à éviter le plus possible.

C’est une chose de se retenir occasionnellement, c’en est une autre que cette situation devienne la norme. Au mieux, réservez-vous du temps périodiquement dans la journée pour permettre à l’intestin de faire ce qu’il a à faire.

Alors, quelle option nous reste-t-il lorsque tout a été fait pour éviter la constipation et que, malgré une bonne conduite alimentaire et physique incluant de saines habitudes, la constipation persiste?

La filière neuro-musculo-squelettique

La recherche en neuro-science depuis un demi-siècle a mené des chercheurs comme Ervin Korr à hypothétiser, dans les années 1960, le lien entre le mauvais fonctionnement de la colonne vertébrale et de ses composantes et la désorganisation des messages de contrôle en provenance du cerveau vers les organes abdominaux, l’intestin étant inclus dans cette cavité.

Korr parle des hyperactivités anormales des mécanorécepteurs (partie du système nerveux) associées au fonctionnement aberrant de la biomécanique vertébrale et des articulations des côtes qui brouille le contrôle sur le système nerveux incluant la moelle épinière et de la proprioception sur par exemple : l’intestin.

Les recherches récentes en neuro-science ont permis de mieux comprendre ce concept de neuro-physiologie. En effet, les travaux de Sato au Japon et de Budgell ont mis en évidence les connections des racines nerveuses de la région dorso-lombaire (milieu et bas du dos) et le lien du contrôle entre le cerveau , la moelle épinière et les organes du corps.

Donc, si en dépit d’une bonne alimentation, d’une activité physique adéquate, et de saines habitudes, il y encore présence de constipation , il se peut que le contrôle interne du système nerveux sur l’intestin soit déficient et soit relié à un mauvais fonctionnement de la colonne vertébrale.

La recherche clinique scientifique en thérapie manuelle a démontré que la manipulation ou l’ajustement chiropratique (HVLAT) possédait les qualités requises pour nomaliser les réflexes nerveux anormaux entre le système nerveux et les organes.

Une étude scientifique clinique par Jorgensen et Fossgreen sur un groupe de patients souffrant de douleurs abdominales et n’ayant pas  de maladies organiques associées a révélé que dans 75% des patients souffrant de lombalgie, ces patient souffraient aussi de constipation. Ces chercheurs associaient ce lien entre ces deux conditions de réflexe viscero-somatique ou somato-viscéral.

Les recherches chiropratiques démontrent l’intérêt pour le chiropraticien de la région sacro-iliaque – articulation impliquée dans le contrôle parasympathique, pour  la région dorso-lombaire et occasionnellement aussi pour les hautes vertèbres cervicales – pour le contrôle sympathique du tube digestif et en particulier de l’intestin.

Comment votre chiropraticien peut vous aider

Le chiropraticien, suite à des examens cliniques incluant un questionnaire sur vos habitudes de vie et votre alimentation, ainsi qu’un examen radiologique de votre colonne vertébrale, pourra encadrer votre problème de santé à l’aide de soins chiropratiques.

Les soins chiropratiques incluront des ajustements/manipulations de vos CSV ainsi que l’utilisation de points de pression ischémique sur l’intestin, en plus de vous conseiller sur des modifications alimentaires incluant une supplémentation spécifique à votre cas.

Daniel Boisvert,
Docteur en Chiropratique

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